Je rentre en cours, deuxième semaine à la base mais ce n'est qu'aujourd'hui que mes activités extra-universitaires m'ont permis d'assister aux cours. Je revois quelques "anciennes" gueules. La russe brune sans sa copine blonde (russe, aussi) surlaquelle les vacances n'ont pas eu des effets positifs (en fait, elle est toujours aussi moche, la russe), l'anarchiste, les deux arabes (les mecs, qui d'ailleurs ne font pas la même chose que moi mais je n'sais par quel hasard on se retrouve toujours dans la même classe) avec leurs potes le bronzé en moins. Qui d'autre.. Ah, les quatres pouffes les plus pouffes de ma fac. A la base elle sont trois, mais ce semestre, cerise sur le gateau, il ya une quatrième brune, encore pire habillée qu'elle. En fait, c'est vraiment difficile, je pense, d'être pouffe dans ma fac. Il n'y a pas de monde qui te suit. Au lycée, quand on est pouffe, on est the best of, tout le monde a envie de nous baiser et de le raconter à tout le monde le lendemain matin, mais nous, pouffe qu'on est, ben on se refuse au monde (et on finit vieille fille, pasque les inaccessibles qu'on convoite ne veulent jamais de pouffes). Alors la vie doit être dûre pour elle. Donc, faute de pouvoir rester chez elle (parents qui ne sont pas d'accord oh non, je suppose?), elle viennent faire chier le monde qui a envie de suivre. Vous savez, les cours moi, je m'en fous un truc comme dix fois plus qu'elles. Mais je ne fais chier personne pour autant, je suis là ma tête entre les mains, mes yeux mi-clos et ma bouteille d'eau à côté. Et quand l'envie de fumer devient trop grande je me bare en m'excusant "excusez moi mais j'ai un td, monsieur.." où sans rien dire. Alors qu'elle prennent exemple sur moi, conasses.

Il y avait aussi, dans mon cours, une hippie. Une pas trop hippie quand même, pas de dread et pas trop de couleurs. Elle est belle. Magnifique, elle me rapelle H. H qui m'a obssedée pendant de longues années, H. que j'ai collectionné ses photos. H. H. qui était mon modèle de la beauté, H. a la quelle je pensais plus qu'au mec que j'aimais le plus sur la planète, à cette époque. Et tout a coup, à la vue de la hippie de ma classe, qui donnait l'impression de ne pas avoir vu sommeil pendant au moins dix jours de suite, les cheveux défaits et les yeux plus clos que les miens. Eh bien j'ai pensé à H. Puis je l'ai chassé de mon esprit. Et j'ai refusé de m'en dormir pour scruter la hippie pendant le temps restant, les trois heures restantes. Le prof veut bien me prendre dans so ncours mais je m'en fous. La hippie demande aussi à être prise. Je ne fantasme pas sur la hippie, je l'aime juste.

Sortie des cours. Elle sort. Je la suis. Elle se dirige vers le batiment B, une poète? une L? Je n'en sais rien, je ne sais pas ce qu'elle fout dans ma classe (et je ne sais pas ce que j'y fous non plus). Mais. Mais je n'sais pas.