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02 juin 2009

do i stink?

L'école de Chicago:

1 - évolution:

NaissanceCréé en1892, le département de la sociologie de Chicago était le 1er de son espèce aux Etats-Unis.

Son fondateur Small le dirigera jusqu’en 1924. Il voit la sociologie comme une discipline spécifique centrée sur l’étude des formes concrètes de la vie sociale. Il créé une revue Américan journal of sociologie, rassemble des fonds, organise des enseignements ... Cet effort aboutira vers 1913 à faire du département de Chicago le plus important centre d’enseignement et de recherche du pays en sociologie-anthropologie.

La situation de Chicago

1840: 5000 d’habitants

1890: 1 000 000 d’habitants

1930: 3 400 000 d’habitants

Cette évolution s’explique par l’afflux massif de migrants ruraux et d’immigrants étrangers.

Cette nouvelle population se divise en quartiers raciaux; mais rapidement des problème sociaux apparaissent : Conflits raciaux, ghettos, misère, prostitution et délinquance juvénile.

En 1886 et 1919, la ville est victime d’émeutes violentes qui traduisent un malaise social.

Les sociologues décident d’intervenir pour régler ces problèmes. Pour y parvenir, ils cherchent à se placer au coeur de la vie des populations déracinées, afin de mieux comprendre leur rapport à la société. Ils s’attachent à l’occupation de l’espace, à la déviance, aux règles propres a une corporation ou à une "bande". Désormais le monde urbain est considéré comme une jungle.

A l’époque, la sociologie est influencée par des auteurs comme Darwin, Spencer, Simmel, Tarde.

Small et son équipe ont la vision d’une société dominée par le darwinisme social ou le libéralisme de Spencer, compensée par la conviction de pouvoir contribuer activement à l’amélioration du bien-être social (réformisme). Pour eux, le savoir doit être utile à l’action sociale. Leur recherche évolue aussi vers ce qui se nomme l’intéractionnisme symbolique, soutenant que la sociologie s’intéresse à la conception que l’individu se fait du monde social. Ils priviligient l’observation directe et le point de vue de l’acteur.

1930 marque un tournant dans l’histoire de l’école de Chicago avec de nouveaux sociologues comme Blumer et Hughes. Alors que l’école avait jusque là privilégié une approche souvent holiste, elle évolue désormais vers une vision plus individualiste.Il se dégage en fait deux courants principaux : l’un se situe dans le prolongement de la première période de l’école c’est à dire "l’étiquetage des populations" tandis que l’autre se tourne vers ce que l’on nommera l’ethnométhodologie.

2)Les thèmes majeurs

Le paysan polonais de Thomas et Znaniecki inaugure une longue série d’études sur le processus de migration et d’assimilation. Thomas élabore une monographie décrivant la migration Pologne-Etats-Unis comme une suite de désorganisation et réorganisations successives. Il distingue la désorganisation sociale ( déclin collectif des valeurs) de la "démoralisation", qui caractérise la déviance individuelle.Ces notions constituent une nouvelle approche des phénomènes sociaux : elle s’oppose aux conceptions racistes qui attribuent les différences de comportements à des différences biologiques entre les ethnies et les races. En 1922, William Ogburn élabore la notion de "distance culturelle", qui caractérise le décalage entre la culture matérielle et les attitudes chez les migrants.

Les minorités raciales et ethniques

Pour les sociologues de Chicago, le problème des noirs n’était pas différent de celui des migrants: il s’ agissait à chaque fois de groupes marqués par une différence et promis à l’acculturation, puis à l’assimilation à la société américaine.

Après les émeutes raciales de 1919, Charles Johnson est chargé de faire une enquête sur les relations inter-raciales et la condition des noirs à Chicago. Il met ainsi en évidence le problème spécifique du racisme en ce qui concerne les noirs et la prédiction de leur assimilation prochaine et irréversible... mais l’acculturation n’élimine pas les motifs des conflits.

L’homme marginal

Directement en rapport avec les migrations, l’objet d’étude devient celui de de " l’homme en marge" (correspondant aux migrants de deuxième génération ou métisse ).

En raison de sa double appartenance religieuse, linguistique, ou culturelle, le migrant se trouve souvent rejeté.

La ville

UN des ouvrages les plus importants de l’école de Chicago " the citie ", est signé en 1925 par Burgers, Mc Kenzie et Park. Chicago, qualifiée de "laboratoire social" y est étudiée sous l’angle de la répartition dans l’espace des communautés et des classes sociales. Les vagues successives de migrants transforment la ville, en même temps qu’ils s’y adaptent en aménageant leur espace propre. L’instabilité de l’équilibre urbain est l’illustration de la "désorganisation" que vivent certains groupes. La ville est un mode de vie "éclaté" : impersonnalité et superficialité des contacts; la montée de l’individualisme mène à une différenciation sociale accrue, et à la porte des contacts primaires.

La déviance

En 1923, Anderson publie une enquête sur les "hoboes" (sans-abri). Il montre comment ces gens forment une micro-société avec ses spécificités, ses lois non écrites, et ses lieux : il existe une "université hobo" ou les sans-abri peuvent exprimer leur idées sociales .

Le thème de la déviance continue d’être étudié à Chicago :

1928 : Carvan étudie le suicide

1939 : Faris et Dunham enquêtent sur les maladies mentales dans les quartiers pauvres

1963 : Becker formalise la théorie de "l’étiquetage" dans Outsiders.

Crime et délinquance

La criminalité est à Chicago à l’image de l’histoire de la ville : irlandaise au début du 20è siècle, elle devient polonaise et italienne à l’époque de la prohibition. Les sociologues, répondant à une forte demande sociale, ne cesseront de s’intéresser à la délinquance, organisée ou non. Après la guerre des gangs de 1924, Frederic Thrasher réalise une étude sur les "gangs de quartier", oû il décrit les bandes de jeunes comme une forme de réorganisation sociale.

En 1929, Landesco produit une étude sur le grand banditisme. En 1930 et 1931, Shaw analyse à partir de leur biographie la carrière de deux jeunes délinquant : Stanley "le détrousseur d’ivrognes", et sydney "le violeur". IL introduit ainsi les histoires de vie dans le champs de la criminologie et montre que certaines constantes apparaissent : quartiers pauvres, famille brisée, scolarité inexistante.

3) Mots clés

Socialisation : ensemble des mécanismes par lesquelles les individus font l’apprentissage des rapports sociaux entre les hommes, et assimilent les normes, les valeurs et les croyances d’une société ou d’une collectivité.

Intéractionnisme symbolique : cette notion est due à Herbert Blumer ( années 30 ) .

Elle part de l’idée que les individus ne subissent pas les faits sociaux, mais qu’ils les produisent par leur interaction.

Observation participante : elle consiste pour un enquêteur à s’impliquer dans le groupe qu’il étudie pour comprendre sa vie de " l’intérieur".

Darwinisme sociale : pour Darwin, la domination des élites est le principe de la sélection naturelle qu’il applique à la nature des rapports sociaux. Repris par Spencer, le darwinisme social permet de décrire le comportement des individus en société

Fonctionnalisme : ensemble des courants anthropologiques et sociologiques qui considèrent le système social comme une totalité unifiée dont tous les éléments ( division du travail, institutions, idéologies ) sont nécessaires à son bon fonctionnement. Ces courants insistent sur l’intégration et tiennent pour secondaire les conflits et les dysfonctionnements.

Ethnométhodologie : démarche sociologique développée aux Etats-Unis à partir dès années 60, proche de l’interactionnisme symbolique, centrant son intêret sur le savoir et les capacités de chacun des membres de la société.

Ecologie urbaine : comme dans le milieu naturel, l’individu s’adapte àla ville qu’il modifie à son tour. Cette communauté humaine se caractérise par des équilibres et des déséquilibres entre groupes en concurrence. Les sociologues tentent d’expliquer ainsi la perpétuelle recomposition à laquelle est soumise la ville de Chicago.

Désorganisation : déclin de l’influence des valeurs collectives sur l’individu ; conséquence de changements rapides dans l’environnement économique et social.Selon Thomas, la désorganisation est aggravée par les migrations.

Le suicide:

I - chez Durkheim:

typologie:

Émile Durkheim, un des fondateurs de la sociologie, publie en 1897, son fameux livre Le Suicide où il analyse ce phénomène sous un angle social. Il distingue quatre sortes de suicide : le suicide égoïste, le suicide altruiste, le suicide anomique et le suicide fataliste. Dans chaque cas, la désintégration sociale est la cause première véritable.

Le suicide « altruiste » [modifier]

Il est particulièrement développé dans les sociétés où l'intégration est suffisamment forte pour nier l'individualité de ses membres. L'individu est tellement absorbé dans son groupe que sa vie ne peut exister en dehors des limites de ce groupe.

Exemples de suicides « altruistes » :

  • Suicide des prêtres de certaines religions orientales ;
  • Suicide traditionnel des personnes âgées, devenues un poids pour la famille, au Japon ;
  • Sati, en Inde: pratique qui enjoint aux veuves de se placer sur le bûcher où l'on doit brûler le corps de leur mari ; de par la pression sociale elles ne peuvent refuser ce « suicide » et ne choisissent pas toujours consciemment de se sacrifier.
  • Commandant de navire qui ne peut envisager la vie sans son bateau et qui préfère couler avec celui-ci.
  • Suicide des militaires jeunes retraités.
  • Suicide de soldats après une défaite, pour préserver leur honneur (ex: Les Japonais se suicidant à l'aide de grenades pendant leur défaite d'Iwo Jima, lors de la Seconde Guerre Mondiale)

Le suicide « égoïste » [modifier]

Présence ici, à l'inverse du suicide « altruiste » (voir ci-dessus), d'une individualisation démesurée et qui s'affirme au détriment du moi social, ainsi que d'une désagrégation de la société. Il est le signe d'une société trop déstructurée pour fournir un motif valable d'existence à certains de ses individus.

C'est, par exemple, le suicide de l'adolescent solitaire. La famille et la religion protègent « en principe » contre ce type de suicide.

Le suicide « anomique » [modifier]

Le suicide anomique est dû à des changements sociaux trop rapides pour que les individus puissent adapter leurs repères moraux. Le mot « anomie » vient du grec ἀνομία / anomía et signifie « absence de règle, violation de la règle ». Il a été emprunté, dans un premier temps, en philosophie par Jean-Marie Guyau (1854-1888) qui, à la différence des Grecs, l'utilisait de façon positive : l'anomie représente l'affranchissement des limites virtuelles fixées par l'homme. Cependant, le sociologue français Émile Durkheim (1858-1917), en étudiant le comportement suicidaire, l'utilise mais revient sur une vision plus sombre et négative du mot, où la rupture des règles peut être très néfaste au psychisme et conduire au suicide.

Il a été montré par des études que le suicide croît de façon proportionnelle aux dérèglements d'ordre social et d'ordre économique : qu'il s'agisse de crises boursières ou d’embellie économique, le taux de suicide augmente car l'individu perd ses repères et ses régulateurs.

Le suicide « fataliste » [modifier]

Le suicide fataliste se définit par la prise en compte par l'individu d'un destin muré, immuable. C'est le suicide du kamikaze, de celui dont l'« avenir est impitoyablement muré ». On retrouve aussi dans cette catégorie le suicide des époux trop jeunes ou celui des esclaves et des prisonniers.

Distinction sexuelle, selon Durkheim [modifier]

Bien que Durkheim ait tenté de fournir des explications sociologiques aux phénomènes qu'il étudiait, il a tout de même inséré des explications, sexistes, biologisantes et naturalisantes de certains comportements sociaux. Par exemple, dans le cas de son étude sur le suicide, il a déclaré que si les femmes se suicidaient moins que les hommes, après un deuil ou un divorce, cela était dû à leur état inférieur de nature, donc à plus d'autonomie de leur part :

« Mais cette conséquence de divorce est spéciale à l'homme, elle n'atteint pas l'épouse. En effet, les besoins sexuels de la femme ont un caractère moins mental, parce que d'une manière générale sa vie mentale est moins développée. Ils sont plus immédiatement en rapport avec les exigences de l'organisme, les suivent plus qu'ils ne les devancent et y trouvent par conséquent un frein efficace. Parce que la femme est un être plus instinctif que l'homme, pour trouver le calme et la paix, elle n'a qu'à suivre ses instincts. Une réglementation sociale aussi étroite que celle du mariage et, surtout, du mariage monogame ne lui est donc pas nécessaire. »
    — Durkheim (1897) Le suicide, page 306.

Autres formes du suicidinedimak:

Le XXème siècle a connu des suicides de protestation, en particulier par le feu (bonze Thich Quang Duc protestant ainsi contre la guerre du Vietnam en 1963, étudiant tchèque Jan Palach contre l'occupation de son pays[15]). Le suicide en France d'un jeune ouvrier auquel sa direction voulait interdire de porter les cheveux longs à la fin des années 60 a été très médiatisé. Enfin, le professeur Alfred Métraux a explicitement indiqué que son suicide avait pour but de signaler les conditions de vie pénibles des personnes âgées dans la société de son époque

Durkheim constate que la religion, la famille, certaines situations politiques protègent du suicide. La religion et la famille sont des instances d'intégration des individus qui les protègent du suicide en leur interdisant moralement de se suicider. La guerre et les révolutions semblent également protéger du suicide : en temps de troubles publics, les taux de suicide ont tendance à diminuer car durant ce laps de temps, les individus sont intégrés autour de grands enjeux nationaux qui ravivent le sentiment d'appartenance à une société.

Ainsi l'une des causes déterminantes du suicide qui se dégage est celle de l'intégration, facteur de protection des tendances suicidogènes : "Le suicide varie en fonction inverse du degré d'intégration des groupes sociaux dont fait partie l'individu […] Quand la société est fortement intégrée, elle tient les individus sous sa dépendance, considère qu'ils sont à son service et, par conséquent, ne leur permet pas de disposer d'eux-mêmes à leur fantaisie". [3]

Outre la question de l'intégration, la régulation est la seconde cause qui permet de rendre compte des taux de suicide. Si les sociétés intègrent, elles ont également un pouvoir de régulation : elles fournissent des règles que les individus doivent suivre, qui dictent leur conduite et leur fournissent des repères.

A partir de ces deux grandes causes que sont l'intégration et la régulation, Durkheim dégage quatre grands types de suicide.

  1. Le suicide égoïste : le suicide égoïste intervient lors d'un défaut d'intégration : l'individu n'est pas suffisamment rattaché aux autres. La société tient les individus en vie en les intégrant (cf. le suicide de célibataires).
  2. Le suicide altruiste : à l'inverse du suicide égoïste, le suicide altruiste est déterminé par un excès d'intégration. Les individus ne s'appartiennent plus et peuvent en venir à se tuer par devoir (on peut avoir en tête les suicides dans l'armée, dans des sectes, etc.).
  3. Le suicide anomique : le suicide anomique intervient lors d'un défaut de régulation : la réglementation, les normes sont moins importantes, elles sont devenues plus floues. Les individus sont moins tenus, leurs conduites sont moins réglées, leurs désirs ne sont plus limités ou cadrés. Ils peuvent éprouver le "mal de l'infini" où tout semble possible alors qu'en fait tout ne l'est pas.
  4. Le suicide fataliste : le suicide fataliste, quant à lui, intervient dans les cas d'excès de régulation : la vie sociale est extrêmement réglée, les marges de manœuvre individuelles sont réduites. Le contrôle social, les normes sont trop importantes (exemple : rituel hara-kiri au japon).

DéfautExcès
Intégration Suicide égoïste Suicide altruiste
Régulation Suicide anomique Suicide fataliste

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